Houset

Registre des copropriétés : trouver le syndic, les lots et les documents d'un immeuble

Qui est le syndic de cet immeuble ? Combien de lots compte la copropriété ? Où trouver son règlement de copropriété ? Le registre national des copropriétés répond à une partie de ces questions, gratuitement. Pour le reste (règlement, état descriptif de division), il faut savoir où chercher. Voici ce qu'il faut savoir, pour acheteurs, agents, investisseurs et copropriétaires.

·10 min de lecture

📌 À retenir

  • ✔ Le registre national d'immatriculation des copropriétés est tenu par l'ANAH depuis la loi ALUR
  • ✔ Son annuaire public est gratuit : adresse, numéro d'immatriculation, nombre de lots, syndic
  • ✔ Les données financières (impayés, fonds de travaux…) sont réservées aux acteurs habilités
  • ✔ Le registre ne donne pas le règlement de copropriété ni l'état descriptif de division
  • ✔ Ces documents sont publiés au Service de Publicité Foncière : on peut en demander copie
  • ✔ Changer de syndic : vote en AG à la majorité de l'article 25

Qu'est-ce que le registre national des copropriétés ?

Le registre national d'immatriculation des copropriétés (souvent abrégé « registre des copropriétés ») a été créé par la loi ALUR du 24 mars 2014. Son objectif : donner aux pouvoirs publics une vision fiable du parc de copropriétés en France, repérer en amont celles qui se fragilisent (impayés, dettes, procédures) et mieux cibler les politiques publiques. Sa tenue a été confiée à l'ANAH (Agence nationale de l'habitat).

Toute copropriété comprenant au moins un lot à usage d'habitation doit y être immatriculée. Concrètement, chaque syndicat de copropriétaires reçoit un numéro d'immatriculation unique, qui le suit pendant toute son existence. Ce numéro doit d'ailleurs figurer dans certains actes, et le notaire le vérifie lors d'une vente de lot.

Qui immatricule, et quand ?

  • Le syndic (professionnel, bénévole ou coopératif) immatricule la copropriété qu'il gère et met à jour ses données chaque année, généralement après l'approbation des comptes en assemblée générale.
  • Le notaire immatricule les copropriétés nouvellement créées, au moment où il publie le règlement de copropriété et l'état descriptif de division.

Une copropriété non immatriculée peut être privée de certaines aides publiques, et le syndic défaillant s'expose à une astreinte. Pour un acheteur, c'est un signal à creuser : gestion désorganisée ou immeuble resté sans syndic.

Données publiques et données réservées

Le registre contient deux niveaux d'information. Une partie est publique et consultable par tous via l'annuaire : identification de la copropriété, adresse, date d'immatriculation, nombre et type de lots, représentant légal (le syndic), type de syndicat. L'autre partie est réservée aux acteurs habilités (syndic, notaires, services de l'État, collectivités) : données financières détaillées, montant des impayés, fonds de travaux, procédures en cours.

Comment consulter le registre et l'annuaire des copropriétés

L'annuaire des copropriétés est la porte d'entrée publique du registre. Il est accessible gratuitement, sans création de compte, sur le site officiel registre-coproprietes.gouv.fr, où chaque copropriété immatriculée dispose d'une fiche, retrouvable par adresse ou par nom.

Ce que vous trouvez sur une fiche

  • Le nom du syndicat et son adresse de référence (un même syndicat peut couvrir plusieurs adresses ou bâtiments) ;
  • Le numéro d'immatriculation et la date d'immatriculation ;
  • Le représentant légal : nom du syndic, et pour un syndic professionnel son SIRET et le type de mandat ;
  • Le nombre de lots : total, lots principaux, lots d'habitation, stationnements ;
  • Le type de syndicat (principal, secondaire), son éventuel rattachement à une ASL, AFUL ou union, et s'il s'agit d'un syndicat coopératif ou d'une résidence-services.

Ce que vous n'y trouvez pas

Ni le règlement de copropriété, ni l'état descriptif de division, ni les procès-verbaux d'assemblée générale, ni le nom des copropriétaires, ni les coordonnées directes du gestionnaire : seulement l'identité du syndic.

Limite à connaître : les données dépendent de la saisie faite par le syndic. Un immeuble à l'angle de deux rues, ou enregistré sous l'adresse d'un autre bâtiment de la résidence, peut être référencé sous une autre adresse que celle attendue.

Trouver le syndic d'un immeuble

Le syndic de copropriété est le mandataire chargé d'administrer l'immeuble : il exécute les décisions de l'assemblée générale, tient la comptabilité, gère l'entretien et représente le syndicat des copropriétaires. C'est l'interlocuteur incontournable pour obtenir des documents, un pré-état daté ou des informations sur des travaux votés. Pour le trouver :

  • Le registre national : la fiche de l'annuaire indique le représentant légal. C'est la source officielle.
  • Le panneau d'affichage du hall d'entrée : le syndic doit y afficher ses coordonnées. Pratique si vous avez accès à l'immeuble.
  • Le vendeur ou l'agent : lors d'une vente, le nom du syndic figure dans les documents remis à l'acquéreur.
  • Le décodeur Houset : une adresse suffit pour afficher le syndic, le nombre de lots et le numéro d'immatriculation, avec en plus l'année de construction et les prix de vente réels du secteur.

Un immeuble de 8 lots en syndic bénévole ne se pilote pas comme une résidence de 200 lots gérée par un grand cabinet : le savoir avant une visite fait gagner du temps. Et si vous cherchez plutôt le propriétaire d'un lot précis, lisez notre guide pour trouver un propriétaire à partir d'une adresse.

Ce que le registre ne donne pas : règlement de copropriété et état descriptif de division

C'est la principale déception des utilisateurs du registre : on y trouve l'identité de la copropriété, mais aucun document juridique. Or ce sont souvent ces documents que l'on cherche : avant d'acheter, pour vérifier qu'une activité professionnelle est autorisée, qu'un lot correspond bien à ce qui est vendu, ou pour comprendre la répartition des charges.

Trois voies permettent de les obtenir :

  • Le syndic : il conserve les archives du syndicat et doit les tenir à disposition des copropriétaires (souvent via l'extranet de la copropriété). Pour un non-copropriétaire, il n'a pas d'obligation de transmission.
  • Le notaire : celui qui a reçu la dernière vente ou la création de la copropriété en détient une copie. Lors d'une acquisition, le notaire les communique à l'acquéreur.
  • Le Service de Publicité Foncière (SPF) : le règlement de copropriété, l'état descriptif de division et leurs modificatifs y sont publiés. On peut donc en demander une copie, même sans être copropriétaire. C'est la voie la plus fiable quand le syndic est injoignable ou que la copropriété n'a plus de syndic.

Au SPF, la demande se fait par écrit auprès du service dont dépend l'immeuble, avec ses références cadastrales exactes ; les erreurs de parcelle ou de service compétent sont fréquentes et rallongent les délais. Le fonctionnement de ce service est détaillé dans notre page sur la publicité foncière. Houset s'en occupe : pas de formulaire, pas de déplacement, et le document vous parvient sous 5 à 12 jours ouvrés avec une synthèse lisible.

Le règlement de copropriété : définition, contenu, modification

Le règlement de copropriété est l'acte qui organise la vie de l'immeuble. Il s'impose à tous les copropriétaires, mais aussi à leurs locataires et à leurs successeurs : quand vous achetez un lot, vous êtes lié par le règlement existant, même si vous ne l'avez jamais lu. D'où l'intérêt de le consulter avant de signer.

Ce qu'il contient

  • La destination de l'immeuble : habitation exclusive, usage mixte, activités autorisées ou interdites (location meublée de courte durée, commerce, profession libérale…) ;
  • La définition des parties communes et des parties privatives, et les conditions de leur usage ;
  • Les règles de répartition des charges entre les lots (charges générales, charges spéciales liées à un ascenseur ou un bâtiment) ;
  • Les règles d'administration : fonctionnement de l'assemblée générale, du conseil syndical, rôle du syndic ;
  • Souvent, en annexe ou dans le même acte, l'état descriptif de division.

Peut-on le modifier ?

Oui, par un vote en assemblée générale, mais les majorités requises varient selon la clause concernée : les modifications touchant à la jouissance, à l'usage et à l'administration des parties communes demandent une majorité renforcée, et celles qui touchent à la destination de l'immeuble ou à la répartition des charges exigent en principe l'unanimité, sauf exceptions prévues par la loi. La modification fait ensuite l'objet d'un acte modificatif publié au Service de Publicité Foncière. C'est pourquoi, quand on demande le règlement, il faut aussi vérifier l'existence de modificatifs.

Un règlement ancien peut contenir des clauses devenues contraires à la loi (« réputées non écrites ») : elles ne s'appliquent plus, même si elles figurent toujours dans le texte.

L'état descriptif de division : lots et tantièmes

L'état descriptif de division (EDD) est le document technique qui découpe juridiquement l'immeuble. Il est indispensable à la publicité foncière : sans lui, impossible d'identifier précisément un lot dans les actes de vente.

Pour chaque lot, il indique :

  • Son numéro de lot (celui qui figure dans votre acte de vente) ;
  • Sa situation : bâtiment, escalier, étage ;
  • Sa consistance : appartement, cave, parking, local commercial, combles ;
  • Sa quote-part des parties communes, exprimée en tantièmes (millièmes, dix-millièmes…).

Les tantièmes déterminent à la fois le poids de vote de chaque copropriétaire en assemblée générale et, le plus souvent, sa part dans les charges générales. Vérifier l'EDD avant un achat permet de s'assurer que la cave ou le parking annoncés correspondent bien à des lots existants, et que le lot n'a pas été transformé (réunion de deux lots, combles aménagés) sans modificatif publié.

Syndic de copropriété : définition, bénévole ou professionnel, et comment en changer

Définition du syndic de copropriété

Le syndic est l'organe exécutif de la copropriété. Désigné par l'assemblée générale pour un mandat à durée limitée (trois ans au maximum, renouvelable), il administre l'immeuble, exécute les décisions votées, tient les comptes du syndicat, gère les contrats d'entretien et représente la copropriété, y compris en justice. C'est aussi lui qui tient à jour l'immatriculation au registre.

Syndic professionnel, bénévole ou coopératif

  • Syndic professionnel : un cabinet titulaire d'une carte professionnelle, rémunéré selon un contrat type. Adapté aux copropriétés de taille moyenne ou grande, ou à celles qui veulent déléguer entièrement la gestion.
  • Syndic bénévole : un copropriétaire élu qui exerce la fonction sans rémunération. Courant dans les petites copropriétés, il réduit les frais mais demande du temps et de la rigueur.
  • Syndic coopératif : le syndic est élu par et parmi les membres du conseil syndical. Une gestion par les copropriétaires, plus structurée.

Changer de syndic de copropriété

Le changement de syndic se décide en assemblée générale, après une mise en concurrence des contrats par le conseil syndical. Tout copropriétaire peut demander l'inscription de la question à l'ordre du jour. La désignation du nouveau syndic se vote à la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 (majorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou non) ; à défaut, si au moins un tiers des voix est réuni, un second vote immédiat peut avoir lieu à la majorité de l'article 24. L'ancien syndic remet ensuite trésorerie et archives au nouveau, qui déclare le changement de représentant légal au registre. Le plus simple est de faire coïncider le vote avec la fin du mandat en cours.

Avant d'acheter en copropriété : la check-list

  • Immatriculation : la copropriété est-elle bien au registre, avec un syndic identifié ?
  • Taille et type de syndic : nombre de lots, syndic professionnel ou bénévole.
  • Règlement de copropriété : destination de l'immeuble compatible avec votre projet (location courte durée, activité professionnelle).
  • État descriptif de division : lots vendus conformes à l'EDD, tantièmes cohérents.
  • Propriété et charges juridiques : l'état hypothécaire révèle le propriétaire officiel, les hypothèques et les servitudes publiées.
  • Titre du vendeur : voir notre guide sur le titre de propriété.
Trouvez le syndic et les infos de copropriété d'un immeuble

Entrez l'adresse : le décodeur donne le syndic, le nombre de lots et le numéro d'immatriculation de la copropriété, avec l'année de construction et les prix de vente réels.

Propriétaire réel (personnes morales) Prix de vente réels + rendement Syndic + contact

Questions fréquentes

Comment consulter le registre des copropriétés ?

▼
Le registre national d'immatriculation des copropriétés, tenu par l'ANAH, se consulte gratuitement et sans inscription sur registre-coproprietes.gouv.fr. La fiche d'une copropriété affiche notamment son numéro d'immatriculation, son nombre de lots et son représentant légal (le syndic).

Comment savoir qui est le syndic d'un immeuble ?

▼
Le représentant légal figure sur la fiche de la copropriété dans l'annuaire du registre national. Ses coordonnées doivent aussi être affichées dans le hall de l'immeuble, et le décodeur Houset l'affiche à partir de l'adresse.

Le registre des copropriétés donne-t-il le règlement de copropriété ?

▼
Non. Le registre contient des données d'identification (adresse, nombre et type de lots, syndic, immatriculation) et, pour les acteurs habilités, des données financières. Le règlement de copropriété et l'état descriptif de division n'y sont pas téléchargeables : on les obtient auprès du syndic, du notaire, ou en demandant une copie au Service de Publicité Foncière, où ils sont publiés.

Qui doit immatriculer une copropriété ?

▼
Le syndic (professionnel ou bénévole), qui met aussi à jour les données chaque année. Pour une copropriété nouvellement créée, c'est le notaire, lors de la publication du règlement de copropriété et de l'état descriptif de division.

Quelle différence entre règlement de copropriété et état descriptif de division ?

▼
Le règlement de copropriété fixe les règles de vie et de fonctionnement de l'immeuble : destination, parties communes et privatives, usage, répartition des charges. L'état descriptif de division est le document technique qui découpe l'immeuble en lots numérotés et attribue à chacun ses tantièmes. Les deux sont souvent réunis dans un même acte, mais ont des rôles différents.

Quelle majorité faut-il pour changer de syndic ?

▼
La majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965 (majorité des voix de tous les copropriétaires). Si elle n'est pas atteinte mais que le projet recueille au moins un tiers des voix, un second vote immédiat peut avoir lieu à la majorité de l'article 24.

Un syndic bénévole doit-il immatriculer la copropriété ?

▼
Oui. L'obligation d'immatriculation et de mise à jour annuelle s'applique quel que soit le type de syndic : professionnel, bénévole ou coopératif.